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La réforme du collège.

10 octobre 2015

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Il est intéressant de voir l’ensemble des syndicats, associations de parents d’élèves et des parties politiques, monter ensemble au créneau contre la réforme. Debray aux côtés de Mélenchon, le SNALC avec FO,… comme quoi, beaucoup pourraient s’entendre s’ils le souhaitaient !

Mais alors pourquoi sur ce projet, avec comme seul mot d’ordre « contre » ? Pourquoi maintenant, alors que l’école est en panne et vit une crise structurelle. L’école n’a jamais fait rêver l’ensemble des citoyens et ne fera jamais rêver ! En général, on remercie l’école des années après l’avoir quittée, un peu comme à l’image des parents qui à l’adolescence saoulent et étouffent leur enfant, mais qui ne sont compris et remerciés, qu’une fois l’âge adulte, l’âge de « raison » arrivé. C’est à ce moment de notre vie que nous mesurons la difficulté qui se cache derrière le mot « éduquer ». Bien sûr, certains jureront la main sur le cœur que oui, l’école a toujours été un plaisir. Pourtant, depuis des générations et des générations, les enseignants critiquent leurs élèvent et leur rappellent qu’ils sont bien faibles…quand ils n’emploient pas le mot « nuls » ! Alors arrêtons d’idéaliser, de passionner les débats et essayons de regarder ce qui est « bon » pour l’école. Un préalable nécessaire, afin de dresser ce constat, est de rappeler que l’école de la République s’adresse à tous ! Pas uniquement à une élite, bien au fait des rouages de l’institution, qui souhaite avant tout l’école à son image.

Il n’est pas question d’une mise en avant d’une culture plutôt qu’une autre. Juste de respecter la redistribution de l’argent publique (du contribuable) au service d’une politique éducative pour tous ! Si nous examinons, par exemple, les chiffres concernant les latinistes et hellénistes (chiffres pour 2012 cités par ARELAS et le site du ministère de l’E.N.) sur le territoire national, on constate qu’un élève sur dix fait du latin ou du grec (1/11 pour le latin et 1/160 pour le grec). En 2012, le rapport de l’IGEN indique que pour une cohorte de 100 élèves latinistes en cinquième, ils ne sont plus que 72 en troisième, 17 en seconde et 13 en première ! Nous savons que le territoire n’est pas uniforme, en termes de mobilisation pour les disciplines optionnelles, donc de distribution de population. Nous pouvons donc accepter l’idée qu’une classe de 25 latinistes est plus que rare ! Trop souvent les effectifs classe, pour ces options, tournent autour de 10 élèves. Avouons que sur un établissement de 500 à 600 élèves, la redistribution n’est pas des plus égalitaires ! Peut-être qu’autre chose, une autre forme d’organisation est souhaitable.  Lenouveauprof ne cherche pas à analyser le rapport de causalité qui conduit à de telles réductions (offre en termes d’horaire, concurrence avec d’autres options ou filières,…), mais simplement à analyser la situation en termes de dépense publique et d’une redistribution égalitaire. D’ailleurs, il est hors de question de supprimer le grec ou le latin, non ? Si la mention de suppression existe dans le texte de la réforme, alors elle a échappé au nouveauprof ! La réforme propose simplement de réorganiser, de réinventer le collège, nos façons de travailler voire d’appréhender l’éducation. N’est ce pas ce qu’a fait l’école de Jules Ferry, ou encore la réforme Haby ? Certains trouveront à redire…oui, on peut ! Mais pour autant, l’école d’Ancien Régime était-elle réellement mieux que celle de Ferry ? La réforme Haby est-elle un recul dans la démocratisation du système scolaire ? Est-elle un souhait d’une moindre égalité entre les élèves ? Il serait indécent de répondre par l’affirmatif ! Et si l’envie de répondre par l’affirmative nous venait, alors prenons le temps de relire « le niveau monte » (Baudelot et Establet 1989). Une peur viscérale de perdre quelque chose, de donner moins aux générations futures que ce que nous avons eu nous habite. Ce sentiment nous honore, mais il est important d’objectiver (tant que faire ce peut) notre vision de l’école et le projet éducatif « pour tous ». Freinet est devenu une référence en pédagogie et aucun département des sciences de l’éducation n’omet de parler de la pédagogie Freinet. Pourtant, songeons à son parcours et son souhait de changer les choses.

Un des principes de notre métier repose sur l’adaptation. Quel que soit le cours, nous ne pouvons nous contenter de suivre aveuglément notre feuille de route, sans tenir compte des interactions dans la classe, entre pairs et/ou entre élèves/enseignant. De cette adaptation, cette disposition à s’adapter spontanément, afin que les élèves comprennent le mieux possible les savoirs transmis, naît notre capacité à innover. Certes, pas (toujours) de grands bouleversements, mais ces petits riens que nous qualifions de « recettes ». Aujourd’hui, l’école souhaite laisser plus de liberté d’action. Devons nous nous en plaindre ? Au nom de la peur du changement, est-il justifiable de s’opposer à une réforme ? Notre devoir n’est-il pas d’essayer de changer l’école, n’en déplaise à certains, afin de mieux guider cette réforme ? La pédagogie ne met-elle pas en avant le principe « d’essai-erreur » comme guide essentiel de toute construction ?

Dominique Moreno (Dumè)

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