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À propos de lenouveauprof

Universités, Grandes Ecoles : le prix du diplôme.

2 janvier 2016

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L’État ne se trompe t-il pas en investissant les deniers publics dans les grandes écoles ? Ne devrions nous pas régler en urgence cette question du démocratique versus méritocratique ? Quel rôle doit jouer l’État, et s’il en joue un, à quel niveau scolaire doit-il renforcer, accentuer, sa présence ? Autant de questions qui animent toujours le débat sur l’inégalité des chances étudiantes. Les chiffres de 2014[1], nous informent qu’un étudiant entrant dans les grandes écoles coûtera, à l’État, deux à trois fois plus cher qu’un étudiant dans une université (respectivement 17 000€ contre 7500€ environ). La recherche en France a montré, depuis longtemps, quelles catégories sociales occupent quelles filières et Bourdieu et Passeron[2] (1964) parlaient déjà des « héritiers » dans les années soixante. Hélas, les choses ne semblent pas changer, tout juste se déguiser.

Arnaud Parienty[3] (2015), défend la thèse de parcours scolaires d’étudiants plus liés à l’argent et à un réseau de connaissances (voire d’influences), qu’à une supposée avancée au mérite. Est-ce à dire que même la méritocratie ne joue plus ? Que la simple appartenance à une classe sociale donne crédit à un futur diplôme ? Il s’agirait là d’une bien triste nouvelle, témoignant d’un retour dans le temps. Pour Parienty, le système français est en panne et les différentes politiques éducatives mises en place ne peuvent proposer de réelles solutions tant que l’argent, plus qu’une autre donnée, commandera le système.

Se pose en ce cas la question des inégalités. Peut-on aborder un principe d’égalité quand, perverti par l’argent, le système propose une course au diplôme, qui lui-même doit assurer, plus qu’un salaire, une position sociale ? L’État subventionne, pratiquement à parts égales[4] (DEPP 2015), aussi bien le public que le privé sur toute la durée, du primaire à la fin du secondaire[5]. Cela pose des problèmes de « logiciel » de la pensée enseignante, car le professeur du public n’a pas la culture du coût des études, et est attaché à une gratuité du savoir. Peut-être y a-t-il là un premier biais de sélection ? Surtout que le privé est subventionné de la même façon. Dans l’enseignement supérieur, la donne est légèrement différente, car le financement public (État + Collectivités territoriales) est quatre fois plus fort dans le public. Si l’on s’en tient à la position de P. Aghion, cela est une bonne chose pour le dynamisme économique. Mais ces établissements publics supérieurs sont ils réellement accessibles à tous ? Quelle est la frontière du respect de l’égalité des chances entre « public pour tous » et « public élitiste » ? La sélection étudiante n’est-elle pas plus envisagée sous l’angle des capacités économiques des familles que des compétences scolaires ? Les établissements proposent-ils tous la même qualité de diplôme (en termes de « monnayable sur le marché de l’emploi ») ?

La question qui se pose ici peut avoir plusieurs entrées. Il faudrait voir dans un premier temps ce qui est efficace et efficient pour le système. D’un autre côté, au niveau de l’étudiant, qu’est ce qui serait efficace et efficient, tout en étant équitable. Efficace et efficient, doivent permettre de lever le tabou de la sélection d’entrée, quelle que soit l’université ou l’école. Or, nous reprochons à notre système d’être trop méritocratique voire, dans trop de cas, un élitisme exacerbé. Une filière accueillant 50 étudiants pour 1 enseignant (université section lettres ou droit), peut elle être aussi efficace et efficiente qu’une filière n’accueillant que 6 étudiants pour un enseignant (grandes écoles) ? Cette donnée ne perturbe-t-elle pas le problème d’équité et d’égalité des chances (surtout si certains étudiants, par des emprunts, hypothèquent l’avenir) ? Il est évident que le second point amène un traitement plus individuel et n’a rien d’universel. Effectivement, il nous faudrait distribuer l’aide en fonction des besoins de la filière, de l’efficience de la filière, aider individuellement les étudiants en fonctions du niveau social (même si cette donnée revêt, intrinsèquement, des difficultés de traitement en termes d’équités sociologiques). Mais si la chose équitable est celle qui renvoie à respecter les droits de chacun…voire, une justice de ce que chacun mérite au regard de son travail, de ses efforts, de son investissement, peut-on réellement sélectionner ? N’y a-t-il pas un droit, pour tout un chacun, à faire ce que l’on aime et souhaite ? Alors, respecter l’égalité et l’équité, reviendrait à renforcer l’aide vers les plus fragiles économiquement. Nous savons que renforcer le capital économique ne fait pas tout, si en amont (dès le plus jeune âge) le capital culturel n’est pas soutenu, aiguisé. Cela renvoie à l’idée avancée par James Heckman (Heckman & al. 2010), le couple égalité – équité économique dès le plus jeune âge est le meilleur investissement sur l’avenir. Que font nos politiques ? Connaissent-ils réellement le sens des responsabilités ? A moins que, à l’instar du monde économique, tout ne soit qu’un jeu de dominants versus dominés !


[1] DEPP Note d’information, « le coût de l’éducation en 2014 », N°41 novembre 2015.

[2] P. Bourdieu et J.C. Passeron, « Les héritiers. Les étudiants et la culture », Ed. de Minuit, 1964.

[3] Arnaud Parienty, « School Business, Comment l’argent dynamite le système éducatif », La Découverte, 2015.

[4] Cf, DEPP Note d’information.

[5] La part de financement, Etat + Collectivités territoriales, pour le public est de 94% pour le 1° degré et 93,5% pour le second degré. Dans le privé, la part du financement public est de 74% 1° degré et 74% 2° degré. Il serait intéressant de ramener ses parts d’investissement public au ratio d’élèves concernés pour le public et pour le privé.

Lenouveauprof aime les phrases toute faites !

10 décembre 2014

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Ah, la belle chose que ces phrases toute faites, dont nous nous délectons pour enfoncer des clous, telles des évidences connues de tous !

« Mes sixièmes sont de plus en plus faibles ! », ou encore « Le niveau baisse ! »… Les salles de professeurs, les propos d’enseignants, sont truffées de ce type de fausse vérité.

 

« Il faut supposer un réel acharnement contre la jeunesse pour soutenir avec cet aplomb intemporel que l’amélioration patente de toutes les sciences et de toutes les technique ait été produite par des hommes et des femmes toujours plus débiles que leurs aînés ! » (« Le niveau monte » ; Baudelot, Establet ; p. 13 ; 1989 ; Seuil).

 

Avec cette phrase, les auteurs synthétisent l’idée générale de l’ouvrage. Peut-on croire de façon intelligible ce genre de fausse croyance ? En 1920 un élève passait beaucoup de temps à l’étude de la calligraphie…voilà le genre d’évidence également proposée. En oubliant de dire, qu’à cette période, il aurait eu du mal à mener des apprentissages sur un clavier d’ordinateur ! Comparer des situations d’apprentissages dans le temps n’a pas réellement de sens ni d’intérêt, surtout si on oublie de comparer ce qui est comparable ! Imaginez-vous en train de comparer les morts sur les routes en 1940 et 2010, si vous oubliez les paramètres tels que : démocratisation du permis de conduire, marché de l’automobile, réseau routier, techniques et recherches en automobile… Bref, autant dire que cela ne sert absolument à rien ! La question intéressante serait : pourquoi y-a-t-il des accidents de la route ? De là, définir des hypothèses et travailler sur ces hypothèses.

 

Pour l’école il en est de même et aucun enseignant n’est en mesure d’avancer des propos de baisse, sur le niveau des élèves, de manière scientifique. En revanche, il se plait à essaimer ces phrases qui entretiennent une fausse croyance. D’ailleurs, est-il censé, voire intéressant, de parler d’un niveau général ? Le travail par compétences (apprentissage de l’élève en terme de capacité) ne nous permet-il pas de nous occuper du niveau individuel de chaque élève, avec pour seul souci SA progression ? Le travail du pédagogue n’est-il pas là ?

Lenouveauprof doit vraiment changer !Dessin 4

Dominique Moreno

Lenouveauprof à l’ère numérique.

10 décembre 2014

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Quelqu’un a t-il déjà porté le cartable d’un élève d’aujourd’hui, ne serait ce que sur une courte distance ? Qui n’a pas vu un enfant, sur le chemin de l’école, ployer sous le poids de son cartable ? Alors, ceux là, peuvent témoigner du côté inhumain du cartable.

Des dotations établissement pour les livres numériques existent. Les enseignants ont tous accès (presque la totalité) à un vidéo projecteur, ou une imprimante, ou un ordinateur. Alors, comment expliquer l’éternel poids des cartables ?

Si nous regardons la formation enseignante de près, nous nous apercevrons que rien n’est proposé sur les outils de constructions de séquences. Que ce soit l’approche didactique ou pédagogique, un enseignement généraliste sur le fond est bien présent, mais rien sur la forme. Quels outils utiliser ? Comment puis-je m’approprier ces outils et quel choix opérer, afin d’une utilisation pertinente et optimale de l’outil ?Dessin 5

Aujourd’hui, chaque prof continue de demander un livre plus un cahier. Sans compter que certains multiplient les demandes ! STOP au massacre !

On le dit et on le répète depuis des années…mais rien ne change ! Un peu à l’image de cette « constante macabre » (André Antibi), qui est là ; nous alerte, nous nargue parfois, mais face à laquelle nous nous muons en statue de marbre.

« Lenouveauprof » a dit : « z’ont pas envie de passer au numérique ? ». Alors, qu’il commence par lui et force la porte de l’ère nouvelle, pour qu’enfin les « s » des scolioses cessent de tourmenter des générations et que les colonnes vertébrales poussent comme des « i » !Dessin 3

Dominique Moreno (Dumè)

Changer soi même avant de changer les autres!

8 décembre 2014

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D. Moreno

D. Moreno

Bon, c’est vrai quoi, on parle sans arrêt de changer le système, changer l’école… Changer le contenant, sans tenir compte du contenu. Bref, tout changer sans regarder ce qui est dedans!

Les sociologues parlent « d’ouvrir la boite noire« . Il serait temps que nous le fassions en tant que pédagogues. L’école à changé, changeons!

Le prof d’aujourd’hui se comporte encore comme celui d’il y a vingt ans…quarante ans…voire cent ans! Nous faisons comme s’il y avait une posture du prof (façon d’être et de dire) et que cette attitude serait la seule qui vaille la peine d’être adoptée. Mais pourquoi? Pour être reconnu au sein de la société en qualité de prof? Pour se sentir plus fort en appartenant à un groupe? Quelle est cette mécanique qui nous pousse à être en « mode » prof? Ou serait ce, avec une lecture marxiste, le souhait de domination d’un petit groupe cultivé sur la masse inculte?

Je critiquerai cette façon d’être, la mettrai à nu, décoderai chaque positionnement que nous adoptons, afin de mieux nous connaitre.

Il est temps d’arrêter de penser et vouloir changer l’école, sans penser et vouloir changer le prof!

Dominique Moreno (Dumè)

 

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