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À propos de lenouveauprof

Surtout, ne pas bouger! PISA, une mesure pour quoi, pour qui? (2)

15 décembre 2016

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Ne devrions-nous pas oublier que l’enquête PISA mesure avant tout les effets d’un système ? Or, nous focalisons notre attention sur ces effets, les performances des élèves, sans chercher à en analyser et modifier les causes. Nous pouvons affirmer, sans grande surprise, qu’elles sont multiples. Mais peut être serions nous surpris de voir que toutes ne pèsent pas du même poids dans la balance. La première des causes à traiter, relevant du pouvoir institutionnel, tiendrait dans l’organisation du curriculum scolaire, et de celle-ci (comme un premier effet, avant de devenir cause à son tour)découlerait une seconde cause qui serait la formation des pédagogues. Nous pourrions ajouter une troisième cause en nommant la collaboration parentale. Beaucoup de chercheurs (Maulini, 1997 ; Dubet, 1997 ; Van Zanten, 2010) pointent ce sujet, mettant en avant que la collaboration est un impératif dans le bien être scolaire de l’élève et la réussite scolaire de ce dernier. Mais quel degré de collaboration faut-il entrevoir ? Certains pédagogues, comme Meirieu, pensent qu’un juste milieu doit être trouvé, car trop ouvrir l’école n’apporterait que cacophonie, et trop fermer l’école, alors que la société s’ouvre, la condamnerait à une mort certaine « Ouvrir l’école à tous les vents serait irresponsable. Professeurs et élèves s’y enrhumeraient, les courants d’air balaieraient la réflexion, les tourbillons empêcheraient l’étude.Mais confiner l’école, c’est l’asphyxier. » (1997, p.113). Toutefois, cette dernière cause, même si elle n’est pas anodine dans l’apprentissage du « métier d’élève » (Perrenoud, 1994), n’est pas celle qui impacte directement les résultats des élèves. A ce jour, la plupart des familles françaises sont soumises[1] au système scolaire, et peu ont les clés pour se poser en acteurs – décideurs, même si tous souhaitent avoir ces choix stratégiques (Van Zanten, 2015).

 

Les décisions institutionnelles.

Le modèle français propose une scolarité obligatoire, pour tous les enfants âgés de 3 ans à 16 ans. Cette scolarité s’organise en cycles d’apprentissages, structurée par un socle commun de culture et de connaissance[2], ainsi que des programmes disciplinaires. L’essentiel des apprentissages tournent autour du : lire – écrire – compter. Une formule nécessaire, mais non suffisante, pour construire le futur citoyen. Surtout qu’au fur et à mesure que l’élève avance dans sa scolarité, une pression sur les compétences écrire et compter va s’accentuer. A tel point que celle-ci prendra la forme d’une reconnaissance de « l’excellence » pour les individus « bons » dans ces deux domaines. Non contente de s’être accentuée, cette pression s’affirmera au cours du cycle 4 de la scolarité en valorisant les « bons en maths ».

Quel professionnel, assistant à des conseils de classes n’a jamais entendu, s’agissant d’un élève avec de mauvaises moyennes en sciences, mais une bonne moyenne en français : « au moins il est bon en français ! », comme une compensation à défaut d’être un élève doué en mathématiques. Ou encore, de celui-ci aux bonnes performances en mathématiques, mais aux résultats très irréguliers dans les autres disciplines : « il est bon en maths, pas de raison qu’il ait ces résultats dans les autres disciplines ! », affirmant par là que l’élève performant en mathématiques doit logiquement être bon dans toutes les disciplines. Tout au moins les disciplines qui requièrent une réflexion. On peut, parfois, voir en cette élève quelque chose relevant de la génétique « il a la bosse des maths ! ». La pression atteindra son paroxysme, quand à la fin de la scolarité obligatoire les élèves seront orientés en fonction de leurs compétences, avec une priorité absolue pour les « forts en maths ». Pour en affirmer tout le prestige, n’a-t-on pas qualifié certains parcours de « voie royale » ? Mais l’origine de cette pression nait bien dans le souci d’alimenter notre modèle économique en individus compétents afin de le faire fonctionner.

L’idée de la formation du citoyen pour la démocratie s’est étiolée tout au long du parcours scolaire, pour finir en la création d’une machine de guerre économique. Telle est bien la caricature de l’Homo oeconomicus d’aujourd’hui. La mise en valeur de compétences sociales, humanistes, de connaissances culturelles, passe après la formation du citoyen dévoué aux sciences et à la technique. Ne pourrait-on pas envisager un système où la scolarité obligatoire s’occupe principalement de cette « education for democracy », laissant aux niveaux qui suivent les cycles de la scolarité obligatoire, la charge de formations plus déterminantes de carrières futures ? Toutes les recherches prouvent, jusqu’à ce jour, que le système français se construit en opposition à cette idée et il serait trop long ici de chercher à en faire l’inventaire. Notre école a bien des « forts en maths », mais ils ne peuvent apparaitre dans les résultats d’une enquête type PISA, puisque justement notre système est trop élitiste et inégalitaire. Seule une poignée d’élèves, profitant de bonnes conditions sociales pour vivre la compétition scolaire sont capables de résultats significatifs. Les autres se maintiennent bon gré mal gré, quant aux autres, la grosse majorité, ils ont décroché du club des compétiteurs.

Cette éducation soucieuse d’un citoyen à fort pouvoir réflexif, curieux et ouvert vers les autres, est possible si l’on fait le pari d’un changement structurel des curricula. Nussbaum[3] propose par exemple de mettre au cœur de l’éducation, de la scolarité obligatoire, les humanités et les arts. Penser une autre forme de scolarité où tous les enfants vivent ensemble et n’auraient pas à entrer en compétition pour construire leur avenir. Cette période serait surtout propice à l’assimilation de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences, formées essentiellement autour de l’histoire, la littérature et les arts. Puis, une autorégulation de ces connaissances serait accompagnée par des débats, des travaux collaboratifs et coopératifs. Une forme d’éducation mélangeant constructivisme et socioconstructivisme. N’était ce pas là la formation voulue par Rousseau pour Emile[4] ? Quels pédagogues souhaitons-nous aujourd’hui, pour quels élèves demain ?

 

La formation enseignante.

Tant que les enseignants n’auront pas une conscience aigüe de leur formation, leur statut de pédagogue sera mis à mal. C’est ici que se trouve la seconde cause d’un fonctionnement poussif de notre système scolaire : la formation initiale et continue des enseignants. Nous ne parlons pas ici des deux ou trois réunions annuelles encadrées par l’Inspecteur Pédagogique Régional (IPR), consistant trop souvent à rappeler le cadre normatif. Non, il s’agit ici d’évoquer l’accompagnement réflexif professionnel. Questionner sa (ses) pratique(s) pédagogique(s) ne se résume pas à un travail de surface. Le pédagogue, pour articuler son cours, le rendre « vivant », doit souvent puiser dans des ressources que nous pourrions caractériser par ressources internes et ressources externes. Les ressources externes étant, bien évidemment, tous les outils cognitifs et techniques mis au service d’une action pédagogique (modèle pédagogique,…, tableau numérique,…). Les ressources internes relèvent plus de la personnalité de l’enseignant, entendons par là les « characters skills » (Franchini, 2016). Comme tous les professionnels, l’enseignant n’échappe pas à l’analyse de ses compétences. Même si elles sont validées à un moment « t », cela ne veut pas dire pour autant qu’elles ont un caractère durable dans le temps. De plus, ici aussi comme beaucoup de professionnels, le pédagogue se doit d’adapter ses compétences aux différentes situations professionnelles. Si les savoirs, connaissances, sont bien présents et validés par un examen universitaire, puis un concours national, il n’empêche qu’actualiser en permanence cette base de connaissances est une nécessité. Qui pourrait comprendre qu’un médecin ne suive pas l’actualité de la recherche dans sa discipline (même les généralistes !) ? Il en est de même pour l’enseignant, celui-ci se doit de suivre les avancées de la recherche tant disciplinaire que généraliste (sciences de l’éducation). D’autres savoirs, tels que les savoirs procéduraux et comportementaux, sont laissés de côté. Un peu comme si ces compétences relevaient de l’inné, et qu’elles apparaissent dans « l’être » pédagogue, dès lors que celui-ci embrasse le métier. Or, ne devrions-nous pas questionner les formations enseignantes sur les savoir-faire et les savoir-être professionnels ? Travailler et faire évoluer les compétences sociales de l’enseignant doit-il être un tabou ?

Ni l’institution, en tant que responsable de la qualité des savoirs professionnels des enseignants, ni l’enseignant lui-même, en tant que responsable de ses savoirs, ne semblent préoccupés par ces questions. Cependant, les mauvais résultats des élèves aux tests PISA sont bien les conséquences de telles causes. Les enseignants incriminent souvent l’Institution, tout en rappelant aux politiques (décideurs et employeurs des enseignants) que si l’Etat attend d’eux un tel niveau d’exigence, alors la rémunération d’une telle qualité professionnelle doit être à la hauteur des attentes. Ce paramètre est d’une importance capitale et ne peut être balayé d’un revers de main, ou circonscrit en culpabilisant l’enseignant et le renvoyant à la responsabilité qui lui incombe : éduquer les enfants de la République. De son côté l’enseignant avance que si cette formation doit avoir lieu, elle doit se dérouler en remplacement des heures de cours. C’est là une erreur. Mais celle-ci découle là aussi d’un flou administratif résultant de la division du temps de travail enseignant, entre heures postées et heures non postées. Peut être qu’une simplification, un éclaircissement, de la situation conduirait à un respect mutuel entre l’Institution et ses agents.


[1] Il s’agit bien ici d’une soumission physique et intellectuelle. Il suffit de regarder le rapport au code scolaire imposé, tout comme les contraintes de temps, en termes de rythmes scolaires. Le débat sur les rythmes scolaires est toujours d’actualité.

[2] Réforme de l’école et du collège, socle de 2016.

[3]Ib. Martha Nussbaum (2010).

[4] J.J. Rousseau (1762), « Emile ou de l’éducation », Ed. Flammarion, 2009, 841 p.

Surtout, ne pas bouger ! PISA : une mesure de l’immobilisme(1).

13 décembre 2016

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PISA, décembre 2016, vient de publier sa dernière enquête, effectuée en 2015, sur le niveau des élèves parmi tous les pays de l’OCDE. La France, une fois de plus, affiche des scores en sciences considérés comme « mauvais », au regard de la moyenne des pays de l’OCDE (France 495 en mathématiques et OCDE 493 ; France 499 en compréhension de textes et 493 pour l’OCDE)[1]. Maintenant, et pour les trois ans à venir, professionnels, experts, chercheurs, du monde de l’éducation français vont s’emparer de ces résultats et les commenter. Comme une éternelle litanie, cela a commencé depuis ces quelques heures, dès la publication des résultats de l’enquête, les commentaires accablant le niveau des élèves se sont installés.

En 1989, Christian Baudelot et Roger Establet écrivaient « Le niveau monte »[2]. Cet ouvrage tente de comprendre ce que les enseignants semblent toujours vouloir critiquer par « le niveau des élèves ». Cette critique est essentiellement négative et ne souffre d’aucune remise en cause. Ainsi, au dessus des différents niveaux (niveau en orthographe, niveau en mathématiques, etc…) il y aurait le Niveau, avec un grand « N », principalement attaqué, pointé du doigt et qui, aux yeux des enseignants, est en baisse constante et ne monte jamais. Pourtant, comme s’en étonnentBaudelot et Establet, nous (notre système) formons toujours de plus en plus d’ingénieurs et de chercheurs !

Alors, formerions-nous des incapables ? Si tel est le cas il est important de se demander « A quoi sert de scolariser à si grands frais une fraction substantielle [tous ces jeunes] de la population qui semble n’en retirer aucun bénéfice » (Baudelot et Establet, 1989, p.40) ? Obnubilés par notre souci du rendement, de la culture des résultats, nous en oublions les questions essentielles et nous concentrons nos regards sur ce que notre société occidentale considère comme des disciplines prestigieuses : les sciences…voire plus particulièrement les mathématiques. De plus, les résultats dans ces disciplines sont associés à une réussite scolaire des élèves, tout au moins elle n’en apparaît que plus réussie, si le niveau de l’élève en mathématiques est jugé « bon ». Nous savons, comme nous le rappellent Baudelot et Establet, que les sciences, plus particulièrement les mathématiques, sont les disciplines scolaires les mieux considérées « C’est un trait commun des pays occidentaux depuis le XIXè siècle que de valoriser progressivement les sciences exactes et notamment les mathématiques » (Id p. 103). Il s’agit là d’un choix de société, privilégiant ce que Martha Nussbaum[3] appelle « education for profit » en opposition à une « education for democracy ». Un choix qui met en avant le souci de compétition économique, de concurrence, quitte à écraser ou déclasser son voisin. Certes, les beaux discours de premier plan se parent de jolis mots (égalité, fraternité, respect,…), mais qu’en est-il dans la réalité quand notre système éduque et encourage à plus, toujours plus, de compétition ? Une autre éducation, un autre modèle éducatif est-il possible ?

Il n’est pas question ici de dénigrer cet esprit de compétition qui peut transporter et élever l’individu dans une quête personnelle, mais juste de rappeler que cette compétition est choix personnel et non collectif. Nos sociétés semblent avoir le souci de la formation du citoyen, d’une recherche de plus d’égalité. Nos sociétés veulent édifier l’Homme réflexif, au sens d’un citoyen éclairé dans sa relation à la démocratie. Or, rien dans nos programmes scolaires, nos évaluations nationales et internationales, questionne le souci du bien être à l’école. La place accordée aux humanités, aux arts, est réduite à une peinture de façade qui très vite se craquèle et laisse apparaitre toutes les failles, comme autant de plaies qu’on ne cherche à soigner. Notre système en souffre et se fracture chaque jour un peu plus. Deux années scolaires, soit 57 points du score obtenu par un français dans l’enquête PISA[4], séparent un élève de milieu défavorisé à celui de milieu favorisé. Mais à y réfléchir de plus près que nous dit PISA ? Souhaitons nous voir une réalité, ou nous bercer de convictions et présupposés ? Par provocation de façade, mais avec un réel questionnement de structure des curricula, cet article souhaite relativiser les données PISA et, surtout, recontextualiser celles-ci.

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[2] C. Baudelot et R. Establet (1989), « Le niveau monte. Réfutation d’une vieille idée concernant la prétendue décadence de nos école », Ed. du Seuil, 198 p.

[3]Martha Nussbaum (2010), “Not for Profit, Why Democracy Needs the Humanities”, Princeton & Oxford, Princeton University Press, 2010.178 p.

Meilleurs voeux 2016!

2 janvier 2016

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Après une année obscure, triste et douloureuse : où le noir de l’obscurantisme, le noir du deuil, ce noir pesant et si difficile à combattre a dominé,

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Lenouveauprof émet le souhait d’un nouveau jour, un jour naissant dès 2016.

Aube

Pour que la lumière éclaire non uniquement le chemin parcouru, mais celui à venir. Peut-être est ce alors qu’une question de : comment tenir la lanterne ? Inutile d’éclairer le chemin fait, essayons d’éclairer celui à venir. Que la lumière des Lumières puisse servir. Que la lumière de ceux qui éclairaient leurs pas puisse nous servir. Que la lumière brille pour nous maintenir éveillés. Qu’elle soit chandelle, conduisant notre méditation (G. Bachelard, 1961), ou l’Être divin dans le cœur des hommes (Bible, Jean 1.4), que cette lumière irradie 2016.

lumière

Dominique Moreno (Dumè)

Violence en Corse : éduquons les médias !

29 décembre 2015

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Dessin article corse 1Il est souvent regrettable que la Corse soit pointée du doigt, ce mauvais élève de la République…à l’instar de cet enfant qui en classe, ne chahutant pas plus que les autres, se retrouve souvent au banc des accusés. La Corse arrive sans cesse en Une des médias, comme cette goutte qui fait déborder le vase. Anatole France disait « la justice est la sanction des injustices établies ». Alors, n’y a-t-il pas une injustice évidente à toujours voir la Corse comme « la pire du pire » ?


L’emballement médiatique oublie, comme toujours hélas, le goût de la mesure. Ainsi, monsieur tout le monde peut nourrir ses fantasmes, ses préjugés, sans remise en question puisque le nouveau Dieu cathodique l’a dit! « Arabi fora », c’est inscrit (sur la pierre pourrait-on dire) ! Il serait temps d’éduquer sérieusement les médias au traitement de l’information. Traitement ne veut pas dire « jeter » des informations…trois petits tours et puis s’en vont ! Cela veut dire donner ET conduire l’information. Comparer et analyser des données, afin de mieux faire écouter (c’est-à-dire entendre et comprendre) cette information. Des chercheurs travaillent sans relâche, dans l’espoir d’alimenter une meilleure compréhension des choses, ici des faits sociaux. Alors pourquoi ne pas utiliser ces données. Nous pourrions citer ici les travaux de Liza Terrazzoni[1]. Il est vrai qu’il est plus simple de dénoncer un fait sur la base de préjugés collectivement partagés, que de le confronter à l’aune de données construites méthodiquement. Hélas, au final cela risque de ne pas grandir le journalisme ! Belle profession qui doit jouer son rôle d’éducation et lenouveauprof invite les médias à une réelle prise de conscience. Il y a certes une dimension éthique, mais il faut l’entendre à double sens. Un sens vu par le caractère prégnant que suppose le métier de journaliste : diffuser l’information. Puis un second sens, au regard de l’histoire et du rôle éducatif de masse que recouvre cette diffusion de l’information : éduquer par et grâce à l’information.

Réfléchissons un instant, quelle ville, quel coin du territoire national, ne se retrouve pas tagué de propos racistes, xénophobes, homophobes ? Pour autant, quand cela se passe en Auvergne, en Alsace ou à Paris, nous ne concluons pas au supposé racisme de la population auvergnate, alsacienne ou parisienne. N’est ce pas ici un problème (hélas presque banalisé) qui secoue la République depuis toujours ? Ces trente dernières années, et l’aggravation des problèmes économiques, ne sommes nous pas les spectateurs impuissants d’une montée du racisme en France, en Europe ? N’y a-t-il pas, derrière l’abandon de l’Etat, certaines populations en souffrance suite à un déclassement culturel et social (Bourdieu 1979)[2], une disqualification sociale (Thin 1998)[3], un oubli du partage des richesses économiques (Le Monde 08-01-2009), ou encore des partis politiques qui jouent de la peur et de la haine des autres. N’est ce pas là la réalité du problème ? Ne doit-on pas voir des « hommes et des femmes » en souffrance, et non  une « corse raciste » ! Dessin article corse 2

Alors oui, dénonçons tout ça, et tant pis pour la Corse ! Le quartier de l’Empereur n’est pas une zone de « non-droit », juste un quartier socialement défavorisé et qu’importe si certaines villes du continent ont de « vraies » zones de « non-droit ». Dénonçons le caillassage des pompiers, acte qui doit être impérativement puni par la loi sans préoccupation de couleur de peau, de religion, ou de localisation régionale, et tant pis si là aussi Paris, Marseille, en sont les championnes ! Des milices s’organisent contre les migrants dans le Nord, pour autant cela fait il de « tous » les gens du Nord des racistes ? Quand des mosquées ont été brûlées et vandalisées après les attentats du 13 novembre, les lieux où cela se passait n’ont pas vécu l’amalgame entre : acte identifié comme raciste et toute une population régionale identifiée comme raciste. D’ailleurs, comme le dit Terrazzoni[4], après le 13 novembre aucun incident raciste n’est à déplorer en Corse. Pourtant, chers journalistes, il s’agit bien d’amalgames de votre part ou, et là est le pire, d’un manque de volonté à vouloir éduquer. C’est pourquoi, lenouveauprof vous interpelle et vous demande, au non de la responsabilité éducative que nous partageons, plus de lucidité pour plus de mesure. Evitez de pointer du doigt la Corse et avec elle toute sa population, qui ne peut se résumer qu’à une « Corse raciste » ! Une autre question peut être posée : pourquoi ne pas avoir parlé, simultanément ou en parallèle, des gens (des corses !) qui ont proposé spontanément leur aide pour les réparations de la mosquée ?

Merci à tous de lire : http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/incidents-a-ajaccio/racisme-il-existe-une-specificite-corse-sur-la-forme-pas-sur-le-fond_1242644.html

Dominique Moreno (Dumè)


[1] « Migrations et recompositions des liens sociaux parentaux : le cas des Corso-Maghrébins », in C. De Gourcy, F. Arena et Y. Kniebielher (dir.), Familles en mouvement. Migrations et parentalité en Méditerranée, Presses Universitaires de Provence, coll. Penser le genre, 2013, p. 87-98.

[2] P. Bourdieu, « La distinction », les Ed. de Minuit, 1979.

[3] D. Thin, « Quartiers populaires, l’école et les familles », Presses Universitaires de Lyon, 1998.

[4] Francetvinfo ; article du 28.12.2015

La réforme du collège.

10 octobre 2015

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Il est intéressant de voir l’ensemble des syndicats, associations de parents d’élèves et des parties politiques, monter ensemble au créneau contre la réforme. Debray aux côtés de Mélenchon, le SNALC avec FO,… comme quoi, beaucoup pourraient s’entendre s’ils le souhaitaient !

Mais alors pourquoi sur ce projet, avec comme seul mot d’ordre « contre » ? Pourquoi maintenant, alors que l’école est en panne et vit une crise structurelle. L’école n’a jamais fait rêver l’ensemble des citoyens et ne fera jamais rêver ! En général, on remercie l’école des années après l’avoir quittée, un peu comme à l’image des parents qui à l’adolescence saoulent et étouffent leur enfant, mais qui ne sont compris et remerciés, qu’une fois l’âge adulte, l’âge de « raison » arrivé. C’est à ce moment de notre vie que nous mesurons la difficulté qui se cache derrière le mot « éduquer ». Bien sûr, certains jureront la main sur le cœur que oui, l’école a toujours été un plaisir. Pourtant, depuis des générations et des générations, les enseignants critiquent leurs élèvent et leur rappellent qu’ils sont bien faibles…quand ils n’emploient pas le mot « nuls » ! Alors arrêtons d’idéaliser, de passionner les débats et essayons de regarder ce qui est « bon » pour l’école. Un préalable nécessaire, afin de dresser ce constat, est de rappeler que l’école de la République s’adresse à tous ! Pas uniquement à une élite, bien au fait des rouages de l’institution, qui souhaite avant tout l’école à son image.

Il n’est pas question d’une mise en avant d’une culture plutôt qu’une autre. Juste de respecter la redistribution de l’argent publique (du contribuable) au service d’une politique éducative pour tous ! Si nous examinons, par exemple, les chiffres concernant les latinistes et hellénistes (chiffres pour 2012 cités par ARELAS et le site du ministère de l’E.N.) sur le territoire national, on constate qu’un élève sur dix fait du latin ou du grec (1/11 pour le latin et 1/160 pour le grec). En 2012, le rapport de l’IGEN indique que pour une cohorte de 100 élèves latinistes en cinquième, ils ne sont plus que 72 en troisième, 17 en seconde et 13 en première ! Nous savons que le territoire n’est pas uniforme, en termes de mobilisation pour les disciplines optionnelles, donc de distribution de population. Nous pouvons donc accepter l’idée qu’une classe de 25 latinistes est plus que rare ! Trop souvent les effectifs classe, pour ces options, tournent autour de 10 élèves. Avouons que sur un établissement de 500 à 600 élèves, la redistribution n’est pas des plus égalitaires ! Peut-être qu’autre chose, une autre forme d’organisation est souhaitable.  Lenouveauprof ne cherche pas à analyser le rapport de causalité qui conduit à de telles réductions (offre en termes d’horaire, concurrence avec d’autres options ou filières,…), mais simplement à analyser la situation en termes de dépense publique et d’une redistribution égalitaire. D’ailleurs, il est hors de question de supprimer le grec ou le latin, non ? Si la mention de suppression existe dans le texte de la réforme, alors elle a échappé au nouveauprof ! La réforme propose simplement de réorganiser, de réinventer le collège, nos façons de travailler voire d’appréhender l’éducation. N’est ce pas ce qu’a fait l’école de Jules Ferry, ou encore la réforme Haby ? Certains trouveront à redire…oui, on peut ! Mais pour autant, l’école d’Ancien Régime était-elle réellement mieux que celle de Ferry ? La réforme Haby est-elle un recul dans la démocratisation du système scolaire ? Est-elle un souhait d’une moindre égalité entre les élèves ? Il serait indécent de répondre par l’affirmatif ! Et si l’envie de répondre par l’affirmative nous venait, alors prenons le temps de relire « le niveau monte » (Baudelot et Establet 1989). Une peur viscérale de perdre quelque chose, de donner moins aux générations futures que ce que nous avons eu nous habite. Ce sentiment nous honore, mais il est important d’objectiver (tant que faire ce peut) notre vision de l’école et le projet éducatif « pour tous ». Freinet est devenu une référence en pédagogie et aucun département des sciences de l’éducation n’omet de parler de la pédagogie Freinet. Pourtant, songeons à son parcours et son souhait de changer les choses.

Un des principes de notre métier repose sur l’adaptation. Quel que soit le cours, nous ne pouvons nous contenter de suivre aveuglément notre feuille de route, sans tenir compte des interactions dans la classe, entre pairs et/ou entre élèves/enseignant. De cette adaptation, cette disposition à s’adapter spontanément, afin que les élèves comprennent le mieux possible les savoirs transmis, naît notre capacité à innover. Certes, pas (toujours) de grands bouleversements, mais ces petits riens que nous qualifions de « recettes ». Aujourd’hui, l’école souhaite laisser plus de liberté d’action. Devons nous nous en plaindre ? Au nom de la peur du changement, est-il justifiable de s’opposer à une réforme ? Notre devoir n’est-il pas d’essayer de changer l’école, n’en déplaise à certains, afin de mieux guider cette réforme ? La pédagogie ne met-elle pas en avant le principe « d’essai-erreur » comme guide essentiel de toute construction ?

Dominique Moreno (Dumè)

Rama Yade aurait du se taire!

24 avril 2015

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Le nouveauprof souhaitait rester silencieux dans cette période agitée, où la matière grise oublie de fonctionner et les langues s’en trouvent d’autant plus libérées. Comme souvent, il est dommage de transformer un sujet d’ouverture et d’union en quelque chose de clivant, en quelque chose où l’essentiel est souvent oublié et ne remonte alors en surface que les éternelles querelles de dominants, cherchant tous, bon gré mal gré, à imposer leurs vues d’esprit à une masse de dominés.

Mais là, il suffit ! Rama Yade, en qualité d’ex-ministre (http://actu.orange.fr/politique/education-pour-rama-yade-les-socialistes-preferent-jamel-debbouze-au-latin-afp_CNT0000009ommd.html ), se doit de donner l’exemple. Le nouveauprof se fout de savoir s’il s’agit de socialistes, ou d’UMPistes, ou de centristes qui proposent un projet (sachant qu’en termes d’économie de l’éducation, les marges de manœuvre entre droite et gauche sont, pour ainsi dire, infinitésimales !), ce que Le nouveauprof attend c’est de savoir et voir quels réels profits l’élève et le prof en tireront. Oui, car l’élève et le prof ont des attentes communes en termes de bien-être, de vivre ensemble, dans l’institution, par et pour les apprentissages.

Alors, s’il faut en passer par les comiques populaires (ceux qu’affectionnent le peuple, madame Rama Yade), pourquoi pas !? Ne passe-t-on pas par la lecture de OUI-OUI avant les grands classiques de la littérature ? A moins que l’ex-secrétaire d’Etat souhaite nous faire croire qu’à trois ans elle lisait déjà Homère dans le texte ? Pourquoi ne pas découvrir le théâtre avec Jamel Debbouze ? Si cela guide des élèves vers plus de curiosité, plus d’envie de faire, savoir-faire et savoir-être et, en prime, plus de savoirs, alors banco ! Ne soyez pas si dédaigneuse madame Rama Yade. La massification de l’éducation a permis de faire bouger des lignes. En premier lieux, des lignes éducatives qui ne conduisent non plus à UNE culture, mais DES cultures. Vous seriez surprise chère madame de savoir que certains, qu’aujourd’hui vous adulez au panthéon des grands hommes, étaient en leur temps dénigrés et mis au banc d’une culture dégénérée !

Dominique Moreno (Dumè)

Le « flop ».

13 février 2015

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Et voilà que notre ministre fait ce qu’il ne fallait surtout pas faire ! Mettre le débat concernant l’évaluation sur le plan politique et ses enjeux électoraux. Bah, elle pourra toujours se cacher derrière sont petit doigt, il n’en reste pas moins vrai que le discours d’avant le 7 janvier n’est plus celui qui prévaut aujourd’hui. Certes, on peut entendre l’argument d’une « école républicaine aux valeurs fortes ». Mais où est le rapport entre les valeurs de la République et l’évaluation scolaire ? Au contraire, il s’agit pour une fois de lutter contre les biais du système méritocratique, mis en place à une époque où l’école n’avait pas encore ouvert ses portes à la massification scolaire.

Mais la ministre de l’éducation nationale, madame Najat vallaud Belkacem, pense certainement que maintenir un système méritocratique, où les plus forts dominent les plus faibles, où place est d’abord faite à une certaine élite, où l’efficacité du système ne vaut qu’en fonction de la place sociale des parents, est préférable à un autre système qui ne prendrait en compte que l’enfant.

Oui, l’évaluation bienveillante n’est pas un euphémisme. Il s’agit d’une réelle action pédagogique. La notation ? Mais au diable ce mot ! Nous ne devrions même pas nous préoccuper d’un quelconque codage. Notre seul souci devrait se porter sur l’élève et son rythme d’acquisition des compétences. Non pas à l’aune d’une « norme » préétablie, mais au regard des capacités individuelles de l’élève.

Certainement que la ministre, en pédagogue avertie, saura expliquer le rapport entre « valeurs républicaines » et « évaluation de l’élève ». Comment demander à des enseignants d’être soucieux et conscients de leur action quand en haut de la pyramide on manque autant de discernement ?

Dominique Moreno (Dumè)

Charlie Hebdo…D1… La Démocratie : Touchée mais pas coulée !

9 janvier 2015

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Oui, on pourrait dire qu’il y a de la tristesse dans l’air, est ce le temps parisien ? Ou, le ciel pleure t-il les « événements » ?

Bon, rions car je pense que ces caricaturistes, qui accompagnent notre actualité (depuis longtemps), auraient eux même tourné tout cela au comique et se seraient moqués de ces « éclairés » (plus de la cave que du grenier aurait dit le professeur Choron) ! Je vois d’ici le titre de Cabu, Charb ou Wolinski : « Charlie Hebdo va enfin augmenter son tirage (de mitraillette) »…

D.M.

D.M.

Aujourd’hui, une grande dame a été touchée…mais, la République, unie par une force que nul ne peut mettre à terre, se relève et va de l’avant. Notre histoire, cette France des droits de l’Homme, est jonchée de moments où certains ont voulu semer le doute et la terreur. Mais notre République ne doit sombrer dans la panique en laissant trop longtemps le genou à terre…ne serait-ce qu’en mémoire de ceux tombés pour elle.

L’occasion était « trop belle » (les homos rieurs-moqueurs – plus que sapiens – qu’ils étaient, me pardonneront la formule), d’aborder avec mes élèves, les sujets de démocratie, liberté d’expression. Puis à 11h50, tout mon établissement a fait 1 minute de silence…moment digne de respect…respect aussi pour ces jeunes qui ne mesurent (peut-être) pas toujours ce qu’est le prix de la liberté. Pourtant, aujourd’hui, Charlie Hebdo n’avait ni âge, ni frontière et tous comprenaient l’importance de pouvoir s’exprimer librement.

« Mourir pour des idées oui, mais de mort lente »…pour le coup, ils diront à Brassens, là haut, que les bourreaux ne leur ont pas laissé le temps, ni le choix… Ils auraient volontiers « flânés en chemin », mais bon… Essayons au moins chaque jour, afin d’honorer leur mémoire, de prouver qu’ils n’ont pas fait « fausse route » et ne se sont pas « trompés d’idées ».

D.M.

D.M.

Alors oui, moi ce soir je me bois une bonne bière…je trinque et honore la mémoire de ces « snipers » au crayon à papier!

Le nouveauprof vous salue bien bas et promet qu’il parlera de vous et de cette belle idée qu’est la liberté d’expression, pour que la jeune génération n’oublie pas pourquoi vous êtes tombés.

Dominique Moreno (Dumè)

Bonne année 2015!

6 janvier 2015

0 Commentaire

2015!

Le changement c’est…

Bon, faut pas être pressé, surtout avec ce vieux « mammouth »!

En attendant, le nouveauprof vous souhaite à toutes et à tous une bonne et heureuse année 2015!

Dominique Moreno (Dumè)

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