Une évaluation en cache une autre (partie 3).

24 décembre 2014

Evaluation

Face à tant d’incohérences, l’institution a envisagé une autre approche de la transmission des savoirs. Il s’agit du travail par compétences. Du coup, cela modifie totalement ce que l’enseignant se représente du « savoir », ce savoir qu’il n’envisageait (presque) que comme livresque, encyclopédique, devient tout à coup quelque chose de plus concret. Non pris dans une globalité abstraite, mais au contraire décortiqué tel un mécano rendant le savoir « visible ».

L’élève passe donc par toute une série « d’apprentissages ». Le terme là aussi renvoie à quelque chose de tangible, « l’idée que faire est apprendre »1. L’apprenti, celui qui forge pour devenir forgeron reprend du sens. On voit immédiatement la complexité de la tâche pour le professeur, transformer l’abstrait en concret !

L’enseignant devient (ou redevient, si on se réfère aux pédagogues comme Rousseau, Montaigne…) cet alchimiste du savoir où, la connaissance généralisée (et généralisable, qui passe donc par l’abstraction) des objets peut être décortiquée (rendue concrète). Une manipulation concrète de concepts abstraits qui amène à poser le distinguo entre : éducation – apprentissage et conditionnement – dressage.

On voit clairement que la pédagogie, qui se défait de toute autorité encyclopédique, se lie étroitement à la psychologie et la sociologie. L’enseignant (et je parlerai plus volontiers d’éducateur) peut maintenant observer, évaluer, les savoirs de l’élève (en mesurant l’avancée dans les apprentissages) et mesurer des savoir-être et savoir-faire.

1Anne-Marie Drouin ; « La pédagogie » ; Coll. 50 Mots, Desclée de Brouwer ; 1993

Dominique Moreno (Dumè)

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Moi, moche et ronde |
Diffluence |
Simbaste |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Dourdan Environnement
| En Balade
| Informationner