Lenouveauprof aime les phrases toute faites !

10 décembre 2014

Non classé

Ah, la belle chose que ces phrases toute faites, dont nous nous délectons pour enfoncer des clous, telles des évidences connues de tous !

« Mes sixièmes sont de plus en plus faibles ! », ou encore « Le niveau baisse ! »… Les salles de professeurs, les propos d’enseignants, sont truffées de ce type de fausse vérité.

 

« Il faut supposer un réel acharnement contre la jeunesse pour soutenir avec cet aplomb intemporel que l’amélioration patente de toutes les sciences et de toutes les technique ait été produite par des hommes et des femmes toujours plus débiles que leurs aînés ! » (« Le niveau monte » ; Baudelot, Establet ; p. 13 ; 1989 ; Seuil).

 

Avec cette phrase, les auteurs synthétisent l’idée générale de l’ouvrage. Peut-on croire de façon intelligible ce genre de fausse croyance ? En 1920 un élève passait beaucoup de temps à l’étude de la calligraphie…voilà le genre d’évidence également proposée. En oubliant de dire, qu’à cette période, il aurait eu du mal à mener des apprentissages sur un clavier d’ordinateur ! Comparer des situations d’apprentissages dans le temps n’a pas réellement de sens ni d’intérêt, surtout si on oublie de comparer ce qui est comparable ! Imaginez-vous en train de comparer les morts sur les routes en 1940 et 2010, si vous oubliez les paramètres tels que : démocratisation du permis de conduire, marché de l’automobile, réseau routier, techniques et recherches en automobile… Bref, autant dire que cela ne sert absolument à rien ! La question intéressante serait : pourquoi y-a-t-il des accidents de la route ? De là, définir des hypothèses et travailler sur ces hypothèses.

 

Pour l’école il en est de même et aucun enseignant n’est en mesure d’avancer des propos de baisse, sur le niveau des élèves, de manière scientifique. En revanche, il se plait à essaimer ces phrases qui entretiennent une fausse croyance. D’ailleurs, est-il censé, voire intéressant, de parler d’un niveau général ? Le travail par compétences (apprentissage de l’élève en terme de capacité) ne nous permet-il pas de nous occuper du niveau individuel de chaque élève, avec pour seul souci SA progression ? Le travail du pédagogue n’est-il pas là ?

Lenouveauprof doit vraiment changer !Dessin 4

Dominique Moreno

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